26/02/2015

NON à l'échange de parcelles forestières communales contre des parcelles privées !

 Avis relatif au projet d’échange

de parcelles forestières communales  avec des parcelles privées.

 Réagissons...

Période de consultation à l’administration communale du 18 février au 5 mars de 9h00 à 12h00. Remise d’un avis avant le 5 mars à 10h00.

Les observations et l’avis émis ci-après s’inscrivent dans le cadre de l’enquête publique actuellement en cours. Le projet consiste à échanger une zone forestière de 86 ha 11 a appartenant à la Commune de Libramont contre des parcelles forestières privées d’une superficie totale de 122 ha 70 a auxquelles s’ajoute une soulte de 500.000 euros.

Cette opération, qui à première vue et à court terme, peut paraître intéressante pour la Commune de Libramont-Chevigny, constitue une perte inestimable pour la Commune et ses habitants pour plusieurs raisons.

                  

ValléeB.jpg

1)     Cet échange est présenté comme étant un remembrement de propriétés forestières communales (voir avis de publicité de décembre 2013-février 2014). Cette référence à la notion de remembrement constitue aussi un des attendus du projet de délibération du conseil communal figurant dans le dossier soumis à enquête publique.

Or, en examinant les parcelles échangées (leur forme, leur degré de compacité, les nouvelles limites des propriétés après échange, …), on se rend compte qu’il s’agit avant tout d’un remembrement privé. Par cet échange, la propriété privée concernée gagne en cohérence et forme un bloc homogène au sein de limites bien identifiées, notamment la route N89 et la ligne de chemin de fer Luxembourg – Bruxelles. La Commune héritera, par contre, d’une série de parcelles éclatées à divers endroits (Séviscourt, Recogne, Neuvillers) avec de nouvelles limites compliquées et parfois enchevêtrées dans d’autres parcelles privées. Le caractère de liaison des parcelles privées aux propriétés forestières communales est faible et la notion de massif forestier cohérent (auquel on doit s’attendre dans le cas d’un remembrement) n’est pas respectée. Même si la superficie de la forêt communale augmentera, cela ne signifie pas plus de cohérence. La Commune de Libramont-Chevigny n’a pas pour mission de réaliser un remembrement privé.

2)     Les parcelles communales échangées constituent des sites à forte valeur patrimoniale dont :

-        une belle futaie irrégulière de hêtres vieille de plus d’un siècle qui représente près de 4% de la forêt feuillue communale ;

-        la Vallée des Anomalies (partie aval) comprenant un site géologique exceptionnel représenté par l’affleurement rocheux du poudingue de Bras (le seul en Ardenne centrale avec des roches âgées de plus de 500 millions d’années), des anomalies magnétiques et une zone de tertres d’orpaillage datant de l’époque celtique ;

-        des parcelles en bordure du ruisseau du Serpont à Recogne, haut-lieux de l’orpaillage celtique en Ardenne.

La biodiversité de ces fonds de vallée est aussi très intéressante.

3)     Il est prévu dans le projet que l’accès public aux sites archéologiques soit maintenu pour raisons scientifiques ou promenade didactique. Cet accès sera toujours soumis au bon vouloir du propriétaire privé qui, déjà actuellement, n’offre pas toutes les garanties pour permettre le passage public de chemins appartenant à la voirie communale et qui se trouvent dans la propriété

4)     Ces lieux appartiennent à la communauté des citoyens, habitants de la Commune et de la Wallonie. C’est une page de notre histoire à tous qui est écrite à cet endroit. Ils doivent être conservés dans le domaine public. La forêt communale n’est ni à vendre, ni à échanger.

 

Note : Grand merci à Francis ROSILLON pour son avis éclairé sur ce projet d’échange !

Commentaires

Le CDH se réveille et veut faire beaucoup de bruit. A tord me semble-t-il. Je ne connais pas les modalités de la transaction envisagée, donc je ne me prononcerai pas sur celle-ci.
Par contre, au moment où nos taxes augmentent, où nos routes se dégradent, où les dépenses somptuaires se multiplient, où les travaux d'immobilité pour nos routes poussent comme des champignons, où les embouteillages deviennent le lot quotidien, je pense que c'est sur ces points cruciaux que le CDH doit se battre.
Et si la commune réalise une bonne plus-value grâce à un échange avec un citoyen qui ne lésine pas sur la dépense pour embellir sa propriété, je suis d'accord. Oui, on peut mettre un garde-fou pour protéger un site.
Mais faut-il répéter le grosse erreur de Natura 2000, horriblement cher pour nos administrations, horriblement difficile à mettre en place par nos citoyens ( agriculteurs et forestiers ), et surtout, si peu efficace ?
Il y a mieux pour défendre nos citoyens tout en préservant notre terre et la nature qui nous entoure.

Yvan GUILLAUME.

Écrit par : GUILLAUME Yvan | 27/02/2015

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Bonjour Yvan.
Merci pour ton commentaire même s'il ne correspond pas aux choix de société que nous défendons. J'en reparlerai volontiers avec toi parce qu'effectivement, c'est un débat délicat.
Je constate en tout cas que tu privilégies le court terme ... économiquement parlant et socialement parlant.
Le dossier devrait revenir sur la table du conseil communal le 13 mai prochain : la faim fait sortir le loup du bois !
Cordialement,
Jean-Marie

Écrit par : Jean-Marie Francard | 30/04/2015

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