22/04/2016

Des nouvelles des finances de notre commune : Comptes 2015

 

Conseil communal de Libramont-Chevigny du mercredi

20/04/2016

Commentaires cdH à propos du compte 2015.

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(Une Délégation du Bénin, pays avec lequel un partenariat s’est développé à l’initiative de la Province de Luxembourg, a suivi toute cette séance de notre conseil communal.)

 

Une cigale peut-elle devenir fourmi ?

Sous-investir, c’est aussi s’appauvrir !

 

La situation financière de la commune de Libramont-Chevigny s’est fortement dégradée depuis plusieurs années : actuellement, les réserves sont épuisées et la dette est à son maximum parce que les réserves ont été asséchées par les travaux payés sur fonds propres et par emprunts à charge de la commune. La majorité est donc maintenant contrainte de retarder des projets du fait que les moyens financiers ne sont plus disponibles.

L’exemple le plus frappant est celui des voiries : en 2012, par km de voirie, 9800 € ont été consacrés au gros entretien et à la rénovation tandis qu’en 2015, c’est seulement 1600 € par km qui ont été dépensés pour ce poste, soit 6 x moins ! De plus, sur la somme totale engagée en 2015 (963.000 €), seulement 67.500 € ont été réellement payés en 2015…

Dans l’ordre du jour abordé ce mercredi 20/04/2016 au conseil communal, deux dossiers démontrent ce report forcé de certaines dépenses : l’étanchéité de la toiture du foyer culturel, l’entretien voiries 2015 qui va seulement se réaliser en 2016. Mais bien d’autres dossiers viennent étayer cette hypothèse : la finalisation lente du hall sportif, le report du reconditionnement de la Maison communale, différents achats matériels, l’abandon du projet de maison médicale, le report partiel du reboisement, …

Cela s’appelle sous-investir : en retardant l’entretien ou la rénovation, le bien se dégrade encore plus fondamentalement et cela provoque des frais supplémentaires. Ou bien en ne reboisant pas au rythme prévu dans le budget, la commune perd de la production… et donc s’appauvrit.

Après le mali des années précédentes, un boni modeste apparaît au compte 2015 grâce à plusieurs recettes en augmentation : vente de bois (1.000.000 € en plus qu’en 2014), compensation travailleurs frontaliers (400.000 € de plus), recette IPP (820.000 € de plus), fonds des communes, …

 

Nous le savons, Libramont-Chevigny a de véritables potentialités !

Mais des dépenses structurelles continuent de grever le budget. Le poids de la dette a encore augmenté de 115.000 € en 2015. Alors que les dépenses de fonctionnement sont globalement stabilisées grâce, par exemple, au prix bas des carburants. Par contre, le coût du personnel (y compris pensions) continue de s’accroître tout comme la contribution de notre commune à la zone de secours, à la zone de police, au CPAS, …

Une fois de plus, nous constatons qu’en 2015, sur 100 € investis, 42 € viennent de nos fonds propres, 48 € sont empruntés et 10 € proviennent de subsides. La méthode reste donc identique : c’est cela le plus inquiétant !

Ajoutons encore que, lors de la 1e modification budgétaire, notre commune achève de vider le fonds de réserve ordinaire (100.000 € ponctionnés et 4500 € restants !) et, fin 2016, le fonds de réserve extraordinaire devrait se situer à – 250.000 € en fin 2016 (en négatif ?).

En conclusion, la cigale n’est pas devenue fourmi … et force est de constater que le Collège est obligé de rouler avec le frein à main !

 

Jean-Marie Francard

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